Vigne et horticulture de 1902 à 1969 : Jusqu'à la création du centre
Situé au cœur d'une zone d'intense activité horticole, arboricole et viticole, le Centre de Recherches agronomiques d'Angers a été crée en 1969.
Ses origines sont fort anciennes. C'est en 1902 que fut créée la Station Œnologique de Maine-et-Loire, à initiative de la Société Industrielle et Agricole d'Angers.
• 1902 - Création de la Station Œnologique de Maine-et-Loire, hébergée dans des locaux de l’Université Catholique de l’Ouest, 3 rue Rabelais, pour réaliser des analyses œnologiques à la demande des viticulteurs – laboratoire dirigé par Louis Moreau et Emile Vinet, de 1902 à 1942. Note : la Société Industrielle et Agricole (SIA) d’Angers fut tutelle de la station œnologique de Maine-et-Loire depuis sa création jusqu‘en 1920 ; la SIA a été relayée ensuite par le Conseil Général de Maine-et-Loire qui la financera jusqu’à la création de l’INRA en 1946.
• 1910 – M. Paul-Alphonse Lorin, directeur-général de la Compagnie des Ardoisières, met à la disposition de Louis Moreau et Emile Vinet, sa propriété constituée de 6 ha de vignes et d’un cellier, située sur le quartier de Belle-Beille - expérimentation de porte-greffe et cépages grâce au personnel de M. Lorin. Les travaux se développent pour conseiller les viticulteurs de l’Anjou, tant sur le vignoble qu’en œnologie, à propos de la fermentation des moûts.
• 1921 – Création sous forme d’Office, du premier Institut des Recherches Agronomiques (IRA) qui dépendait du Ministère de l’Agriculture ; cet Office contribue à mettre en place les premiers centres de recherches : Versailles, Antibes, Bordeaux… La station œnologique de Maine-et-Loire est rattachée à l’IRA en 1923.
Le personnel du laboratoire d'Oenologie rue Rabelais à Angers : L. Moreau (à gauche) et E. Vinet (assis)
• 1933 - En novembre 1933, le Groupement Fruitier de Maine-et-Loire sollicite la mise en œuvre de travaux concernant la lutte contre les bioagresseurs des cultures fruitières (en priorité, ravageurs et tavelure du poirier) - travaux placés sous la responsabilité de Léon Simon, chimiste. Les premières années sont consacrées essentiellement aux avertissements agricoles. La station prend le nom de Station de Recherches Œnologiques, Viticoles et d’Arboriculture fruitière d’Angers.
• 1934 – suppression de l’IRA et rattachement direct des centres et laboratoires (dont la station œnologique de Maine-et-Loire) au Ministère de l’Agriculture.
• 1940 – Louis Moreau s’alarme de l’urbanisation naissante du quartier de Belle-Beille qui menace la propriété de M. Lorin, et donc les expérimentations engagées sur le vignoble. Il cherche le moyen d’acquérir la partie où sont implantées les expérimentations, à proximité du cellier qui pourrait être transformé en laboratoire et prévoit de réserver un tiers de la surface à acquérir aux expérimentations en arboriculture fruitière.
• 1941 – le 1er avril 1941, le Conseil Général de Maine-et-Loire achète à M. Lorin 3 ha et 23 ares, y compris le cellier, mis à la disposition de la Station de Recherches en 1943, pour lui permettre de poursuivre ses expérimentations sur la vigne et les arbres fruitiers.
• 1942 – décès de M. Louis Moreau ; Emile Vinet prend sa suite mais décède peu de temps après. La direction de la station est confiée à Léon Simon après concours.
Photographie aérienne (1923) du quartier de Belle-Beille avec le futur domaine qui comprendra une parcelle de vigne et le laboratoire
• 1945 – Du fait de la surface insuffisante du site de Belle-Beille pour l’arboriculture fruitière (2,5 ha pour la vigne et 0,75 ha pour l’arboriculture), le 31 décembre 1945, le Ministère de l’Agriculture fait l’acquisition, auprès de M. Dolibard, du domaine du Grand Bois l’Abbé, sur la commune de Beaucouzé ; la surface de ces terrains est de 21 ha 60.
• 1946 – Création de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), par la loi du 18 mai 1946, établissement public doté de la responsabilité civile et placé sous l’autorité du ministre de l’agriculture. La Station de Recherches Œnologiques, Viticoles et d’Arboriculture fruitière d’Angers est rattachée à l’INRA. Le directeur de la station, Léon Simon, est alors chargé d’étudier le transfert du personnel du 3, rue Rabelais (laboratoire d’œnologie) à Belle-Beille, dans des locaux construits au-dessus du cellier existant. La première pépinière de cognassiers et de porte-greffe du poirier est mise en place à Belle-Beille au début de 1946.
1959 Station d’œnologie Belle Beille ; Préparation boutures- Jean Mahé, Jérôme Plumejeau
• 1948 - Les travaux d'aménagement des locaux de Belle-Beille sont terminés en septembre 1948 ; dès lors, les services de recherche s'installent à Belle-Beille. Par contre le service d'analyses œnologiques pour les viticulteurs continue à fonctionner jusqu'en octobre 1946, rue Rabelais ; transféré plusieurs fois... avenue Jeanne d'Arc, rue Paul Bert... il s'installe finalement à Belle-Beille en 1962.
1958 : parcelle expérimentale à Belle-Beille - plantation de boutures de cognassier
• 1949 – Joseph Brossier, assistant, est chargé des recherches en arboriculture fruitière et plus spécialement de l’amélioration des porte-greffe du poirier. En ce qui concerne les études variétales du poirier et du pommier, la période 1949-1953 est uniquement consacrée à la constitution des collections ; la pépinière de multiplication ainsi que les premières collections de pommier et poirier ont été plantées sur la parcelle de Belle-Beille.
2 octobre 1958 (gauche à droite): Mlle. Riflé, Louis Chastel, Mlle. Genty, Bernard Thibault, Joseph Brossier devant la maison du gardien Pierre Chastel
• 1951 – le 6 janvier, inauguration du bâtiment de Belle-Beille, en présence de nombreuses personnalités, dont Pierre Pflimlin (ministre de l’agriculture), Raymond Braconnier qui fut directeur de l’INRA de 1948 à 1956. Le 29 octobre, le Conseil Général de Maine-et-Loire cède gratuitement à l’INRA le domaine de BelleBeille.
Dans une courte note datée du mois de juin 1951, Léon Simon précise que pour l’arboriculture fruitière, « la station d’Angers a pour mission l’étude des fruits à pépins, en particulier pommier et poirier et pour ce dernier, celle de son porte-greffe, le cognassier. L‘étude variétale des poiriers et pommiers est à peine ébauchée, puisqu’il y a seulement un an que nous avons commencé à rentrer à la Station une centaine de variétés de chacune de ces deux espèces fruitières… »
• 1953 – Les terrains du domaine de Grand Bois l’Abbé réservés jusque-là à l’élevage des bovins et à la culture de céréales, étaient mal entretenus ; ils nécessitaient de gros travaux de mise en état – sols très argileux, acides, reposant sur un sous-sol schisteux. A l’expiration du bail du fermier, M. Rabineau, le 1er novembre 1953, le personnel INRA procéde d’abord à la remise en état des terrains : supprimer les haies, abattre les arbres, niveler – soit 6 mois de travail ! Des bovins sont achetés pour bénéficier du fumier et fertiliser les sols.
• 1954 – les premières plantations sur le domaine de Bois l’Abbé ont lieu au cours de l’hiver 1954-1955.
• 1957 – projet de construction sur le domaine de Bois l’Abbé, de bâtiments pour la recherche en arboriculture fruitière et l’expérimentation conduite en vergers, accepté par le directeur de l’INRA (Henri Ferru) ; après la démolition de l’ancienne ferme, début de la construction : un bâtiment en L destiné à l’accueil des chercheurs et techniciens ainsi qu’aux laboratoires, un hangar pour abriter les locaux réservés aux expérimentations…. L’étable pour les bovins et le cheval Colbert. Deux maisons sont aussi construites à proximité, l’une pour accueillir le chef du domaine, l’autre constituée de deux logements accolés pour deux agents (et leurs familles) devant assurer le gardiennage de l’ensemble.
1956 : Bois l'Abbé Démolition Vielle Ferme - J.Mahé
1957 : Couverture Hangar
1957 : construction du bâtiment de recherche de Bois l'Abbé
• 1958-1960 – Le 19 décembre 1958, achat de la ferme du Bois l’Abbé, dont 20 ha sur Beaucouzé. Le 23 mars 1960, achat du domaine de Champ Fleury, dont 19 ha sur Beaucouzé.
1960 : domaine de Bois l’Abbé avec les bâtiments de recherche, le hangar du domaine expérimental, les habitations du directeur et des gardiens
• 1959 - le 17 avril, le personnel œuvrant pour l’arboriculture fruitière déménage de Belle-Beille à Bois l’Abbé ; la station prend alors le nom de Station d’Arboriculture Fruitière d’Angers. Pierre Rémy est nommé directeur de la station en 1959; il succéde à Léon Simon parti en retraite en 1958. Pierre Rémy, chargé de recherches sur le pommier, travaillait auparavant à la station d’arboriculture fruitière de Bordeaux (domaine de la Grande Ferrade). Des recherches sur le pommier sont alors entreprises.
1959 à 1962 : Pierre Rémy est directeur de la station d'arboriculture fruitière
• 1961 – du 11 juillet au 6 octobre, mission de Pierre Rémy aux USA et Canada ; il visite les principales stations de recherches américaines et canadiennes - il s’intéresse surtout aux travaux engagés en Illinois (université d’Urbana) et en Indiana (université de Purdue) sur la résistance à la tavelure du pommier, programme initié à Angers en 1959 par Luc Decourtye.
• 1962 – en octobre, Pierre Rémy quitte l’INRA pur diriger les Pépinières Moreau à Villefranche-sur-Saône ; il est remplacé à la direction de la station par Jacques Huet en novembre. Comme Pierre Rémy, Jacques Huet avait initié sa carrière à la station d’arboriculture de Bordeaux.
• 1963-1965 – le projet de construction des serres a été élaboré en 1963 ; ce projet prévoyait une construction en 2 tranches. La réception des travaux de la 1ère tranche - la serre 1 comprenant 3 compartiments, la serre 2 d’un seul tenant, la galerie de service et le local contenant la chaudière - a lieu le 8 mars 1965.
• 1962-1966 – début de la réalisation de la réserve d’eau, l’étang de Bois l’Abbé. A partir de la mare où se trouve l’ilot toujours existant, en contre-bas de la maison du Chef du domaine, une première tranche de travaux constitue en 1966 une réserve d’eau de surface 1,8 ha.
Septembre 1962 : Bois l’Abbé - première réserve d’eau creusée en décembre 1961 ; passerelle pour rejoindre l’île arborée
• 1963 – du 15 février au 15 juin, mission de Luc Decourtye aux USA à l’université de Purdue principalement, pour apprendre les techniques de culture et la reproduction du champignon parasite responsable de la tavelure du pommier, ainsi que l’étude des races déjà connues, les modalités de sélection des hybrides résistants… séjour crucial qui permit le développement de ce programme emblématique de la station d’Angers.
• 1964 - la surface totale du domaine de Bois l’Abbé est de 50 ha dont 18 ha plantés de 1954 à 1960, 8 ha plantés en 1963, 1 ha planté en 1964, soit au total 27 ha la surface en vergers et pépinières. Depuis 1963, 13 ha ont été drainés.
L. Decourtye, J. Plumejeau ; stérilisation Terreau, au fond la stabulation libre - (1961)
• 1965 à 1990, des terres d’une superficie de 6 ha ont été louées après signature d’un contrat de bail à Mlle de Toytot au lieu-dit Tête Noire (château de Vilnière), à une distance d’environ 4 kms du domaine de Bois l’Abbé. A la fin des années 1960, la surface totale de cet ensemble, appelé le domaine de Bois l’Abbé, est d’environ 65 ha.
Au centre : le domaine de viticulture (au cœur de BelleBeille) En haut à gauche : l’arboriculture fruitière (à Bois l’Abbé) - (1964)
• 1966 – acquisition du Domaine de La Rétuzière. En 1963, Jacques Huet, directeur de la Station de Recherche d’Arboriculture Fruitière d’Œnologie et de Viticulture d’Angers, reçoit mission d’acquérir une ferme susceptible de convenir à l’expérimentation fruitière et ainsi pallier le manque de superficies pour l’expérimentation mais aussi trouver des terres de meilleure qualité et plus homogènes que celles du domaine de Bois l’Abbé.
• En 1966 – les démarches de Jacques Huet se concluent par l’acquisition d’une ferme de 41 ha, ferme située sur les communes de Querré et Champigné, au lieu-dit La Rétuzière.
1969 : Domaine de la Rétuzière : le hangar abritant les bureaux, l’atelier et les chambres froides pour les fruit
• En 1968 – les travaux d’aménagement de ce domaine débutent : arrachage des haies, aménagement du chemin d’accès, démolition des bâtiments existants et construction de locaux à usage agricole et de bureaux, création de la réserve d’eau pour l’irrigation. Les premiers essais sont plantés au cours de l’hiver 1969-1970. A cette époque, le personnel affecté comprenait un technicien, un chef d’équipe et 3 ouvriers.
1976 : La Rétuzière: chantier de cueillette – Jean-Daniel Flick, Jean-Pierre Renou, Joseph Brossier
• 1969 – Création du Centre de Recherches Agronomiques d’Angers.Le 23 octobre 1967, l’INRA fait l’acquisition de 4 ha 66 ares auprès de Mr Vielle, au lieu-dit ‘le Petit Désert’ ; le but de l’opération était de compléter la surface du domaine en bordure du CD 56, mais surtout de permettre la construction de nouvelles stations de recherche dont l’implantation dans la région d’Angers a été décidée dans le cadre du 5ème Plan – extrait de la lettre du 5 octobre 1967 adressée par le Directeur Général de l’INRA au Préfet de Maine-et-Loire. Note : Cette opération d’achat avait été décidée par le Conseil d’Administration de l’INRA dans sa séance du 19 décembre 1966 – extrait de la lettre du 5 octobre 1967 adressé par le Directeur Général au notaire chargé de la rédaction de l’acte. Le projet de création d’un centre INRA à Angers était donc engagé dès l’année 1966. Le 1er février 1969, une note de Jacques Huet indiquait que "depuis le 1er février 1969, la station d'arboriculture fruitière (dont il était directeur) fait partie du Centre de Recherches Agronomiques d'Angers – de 1969 à 1973, il en a été le premier administrateur.
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