B1 : Le personnel de la station au cours de la période 1946-1958 >>>
B2 : Faits marquants relatés dans des notes attribuées à L. Simon concernant l'arboriculture - Publications >>>
C - 1959-1969 : Direction Pierre Rémy puis Jacques Huet >>>
C1 : Programmes et faits marquants concernant les travaux en arboriculture - Publications >>>
C2 : Programmes et faits marquants concernant les travaux en œnologie - Publications >>>
A- 1902-1942 - direction Louis Moreau et Emile Vinet
A1- Faits marquants et publications
Louis Moreau et Emile Vinet, les directeurs de la Station Œnologique de Maine-et-Loire puis à partir de 1933 la station de Recherches Œnologiques, Viticoles et d’Arboriculture fruitière d’Angers, ont beaucoup contribué au développement viticole de la vallée de la Loire au début du XXe siècle, dans plusieurs domaines :
Laboratoire d’œnologie – rue Rabelais à Angers – Louis Moreau (assis)
La lutte contre plusieurs maladies provoquées par la cochylis ou ver de la grappe, par le cigarier, insecte polyphage, ainsi que la maladie du bois de la vigne, l’esca.
La pasteurisation, la maitrise des teneurs en sucres dans les vins doux par le SO2, en prenant en compte l’étude des mécanismes de la maturation des raisins.
Note : Le Dr Paul Maisonneuve (1849-1927), directeur de la station viticole de Saumur, professeur à l'École supérieure d'agriculture et de viticulture d'Angers, président de l'Union des viticulteurs de Maine-et-Loire, a beaucoup contribué également, et est associé à Moreau et Vinet dans les premières années de la station, dès 1902.
Parmi les travaux les plus repris dans la littérature internationale, et encore de nos jours – voir Keller, M., 2015. The science of grapevines: anatomy and physiology. Academic Press., on peut citer ceux sur les lois de l’utilisation du SO2, en particulier dans les moûts et les vins doux.
Moreau, L., & Vinet, E. (1933). Sur la dissociation de l'anhydride sulfureux combiné dans les moûts de raisin et dans les vins. Ann. fals. et fraudes, 26, 454-463.
Moreau, L., & Vinet, E. (1937). Variations du pouvoir antiseptique réel de l'acide sulfureux dans les moûts et les vins suivant l'acidité du milieu. CR Acad. Agric. France, 23, 599-607
Ils ont également été précurseurs dans l’étude de l'efficacité des composés arsenicaux à l’égard de l’esca, notamment leurs études ont porté sur l'amélioration de la formulation de ce pesticide et de son utilisation au vignoble: application en terme de date, dose et mode, cadence des traitements, seuil d’intervention.
Moreau L, Vinet E (1910) L'arséniate de plomb en viticulture. Revue de Viticulture, Paris: Bureaux de la "Revue de Viticulture", 255x160, Tome XXXIII, no.850, 31 Mars 1910, pp.337-340
Moreau L, Vinet (1923) Contribution à l'étude de l'apoplexie de la vigne et de son traitement. Prog. Agric. Vitic. 7: 87-89
Ils ont décrit les mécanismes physiologiques de la maturation des baies.
Moreau, L., & Vinet, E. (1932). Rôle des matières de réserve de la vigne dans la mise à fruit des cépages et dans la véraison des raisins. Ann. Agron. INRA. 363-374.
Ils ont aussi contribué à décrire et mettre en valeur le cépage ‘Chenin’, cépage emblématique de la Vallée de la Loire ; certains auteurs feraient remonter l’antériorité de ce cépage au XIe, Xe et même au VIe siècle, mais il est clairement mentionné dès le XVIe siècle en Vallée de la Loire. Leurs travaux ont porté notamment, sur l’importance du débourbage, sur la maîtrise de l’acidité et sur la stabilisation microbiologique des vins doux. Leurs résultats ont été repris pour d’autres cépages et d’autres régions viticoles.
Moreau, L. et Vinet, E. (1917) Etudes sur la Vinification des Raisins blancs de Chenin. Angers, Grassin
B- 1942-1958 - direction Léon Simon
2 octobre 1958 : Le personnel autour du directeur, Léon Simon, décoré de la Légion d’Honneur
B1- Le personnel de la station au cours de la période 1946-1958
L. Simon, directeur Mlle Fromy, secrétaire A. Puissant, Préparateur puis agent contractuel scientifique en 1947 M. Parfait, Aide-Chimiste J. Brossier, Agent contractuel scientifique – stage en 1946 à la station centrale d’amélioration des plantes de Versailles, puis en 1947 stage à la station de Bordeaux – domaine de la Grande Ferrade ; revient à Angers le 15 septembre 1948, assistant. Pierre Chastel : Recruté le 1er octobre 1949 en qualité d’agent technique (chef de culture). A. de Peretti : recruté le 1er mars 1952 comme aide de laboratoire. B. Thibault : recruté le 1er octobre 1954 en qualité d’agent technique principal.
A la fin de l’année 1956, le personnel de la station comprenait :
L. Simon, Directeur
J. Brossier, Assistant
A. Puissant et B. Thibault, Ingénieursadjoints
M. Parfait, M. Hervé et P. Chastel, Agents techniques principaux
Mlle Genty et A. de Peretti, Agents techniques
Mlle Riflé, Secrétaire
M. Ruelle, Garçon de laboratoire et 7 ouvriers agricoles
B2- Faits marquants relatés dans des notes attribuées à L. Simon concernant l'arboriculture
Extrait d’une note de juin 1951, attribuée à L. Simon: …la Station possédait à cette époque la collection des porte-greffe de pommier sélectionnés par les chercheurs d’East Malling en Angleterre. Les efforts avaient porté jusqu’alors sur l’étude du cognassier comme porte-greffe du poirier ; 167 types avaient été rassemblés, provenant soit de pépiniéristes français, soit de stations françaises et étrangères (Angleterre - East Malling, Portugal, Italie, Israël) et d’une prospection effectuée en Provence au cours de la saison 1949. Il s’agissait de cataloguer les types selon leur appartenance aux groupes, Angers, Provence ou Fontenay. Le fameux essai 51 avait débuté cette année-là par la réalisation de l’écussonnage de certains de ces cognassiers en vue de l’étude de leur affinité avec les variétés ‘Williams’, ‘Jules Guyot’, ‘Passe Crassane’. Outre ces types de cognassiers, des semis de différents types botaniques de poirier avaient été effectués pour étudier leur aptitude de porte-greffe ; des poiriers de type sauvage ont aussi été introduits dans la collection.
Extrait d’une note du 12 juillet 1955, attribuée à L. Simon : …En ce qui concerne les études variétales du poirier et du pommier, la période 1949-1953 a été uniquement consacrée à la constitution des collections.
1- Cognassiers ; buts poursuivis :
Faire l’inventaire de cette espèce en rassemblant le plus possible de types (Fontenay, Angers, Provence). La première pépinière de cognassiers et le porte-greffe du poirier a été mise en place à Belle-Beille au début de 1946. En 1949 des prospections importantes ont été faites dans tout le Sud-Est de la France ; de plus, du matériel a été introduit de pépiniéristes et en provenance d'autres pays : Portugal, Israël.
Définir par une étude approfondie les différents groupes de cognassiers, par leurs caractères morphologiques, physiologiques, biologiques. Cette étude était en cours en 1955.
Rechercher des types possédant la meilleure affinité avec certaines variétés de poirier.
Rechercher des types résistant au calcaire.
2- Poirier; peu de travaux ont été entrepris, essentiellement des introductions provenant de la station d’Antibes et d’autres régions du Sud-Est de la France, ainsi que du jardin de Maulévrie (Arboretum Allard).
Note : l’arboretum a été créé par le botaniste angevin Gaston Allard en 1863, dans la propriété de la Closerie de la Maulévrie – quartier actuel de La Roseraie (n.d.r.)
3- Études variétales des poiriers et des pommiers ;
L'objectif était de faire une monographie des variétés de poirier ; pour cela une collection avait été mise en place en 1953, établie sur 2 porte-greffe, cognassier d’Angers et cognassier de Provence, à raison de 2 sujets par variété et porte-greffe. Il était prévu aussi de faire un travail de sélection sur certaines variétés de pommier ; ce type de sélection avait débuté sur les variétés régionales, Reinette du Mans, Reinette Clochard, Chailleux.
La station d'arboriculture fruitière, bâtiment de recherche et quai de déchargement des fruits- (1958)
La pépinière de multiplication ainsi que les premières collections de poirier et pommier se trouvaient sur le domaine de Belle-Beille. Le programme sur les cognassiers à usage de portegreffe était sous la responsabilité de J. Brossier, recruté en 1946 ; celui concernant la collection et les études variétales du poirier était sous la responsabilité de B. Thibault recruté en 1954.
Publications : Brossier J., 1955. Recherches d’arboriculture fruitière à la station de recherches viticoles, œnologiques et d’arboriculture fruitière d’Angers. Compte-rendu des travaux poursuivis de 1949 à 1953. Ann. Amélior. Plantes, 5, 325-333. Annales de l’Amélioration des Plantes, 1955 – fascicule II, p.119-443. Ce fascicule est consacré à une série de rapports et de mises au point intéressant la production fruitière, rédigés par les stations d’Amélioration des Plantes de l’INRA : station de recherches viticoles et d’arboriculture fruitière du Sud-Ouest (travaux de 1938 à 1953), station d’amélioration des plantes de Clermont-Ferrand (travaux de 1940 à 1953 pour le pommier), station de recherches viticoles, œnologiques et d’arboriculture fruitière d’Angers (travaux de 1949 à 1953). Un très long et très complet article « sur une méthode de description des variétés de pommiers à cidre » s’ajoute à ce fascicule (travaux conduits à la station centrale de génétique et d’amélioration des plantes de Versailles) ainsi qu’un article « étude d’une collection de variétés de pommier cultivées en France – comportement caryologique et caractères du pollen », travaux réalisés sur la collection de variétés de pommier au centre de recherches agronomiques de Clermont-Ferrand - l’auteur, Mlle A. Gagnieu relevait de l’institut de Botanique, faculté des sciences, à Strasbourg.
Article de presse concernant l’œnologie Le sucrage des moûts ; article paru dans la presse régionale, signé de Léon Simon, le 24 novembre 1952. Rappel des travaux de Chaptal et de l’intérêt d’ajouter du sucre au jus de raisin. … "En Anjou, de nombreuses expériences ont été entreprises par MM. Moreau et Vinet, en vue de comparer, en particulier, le vinage et le sucrage. Les résultats de ces expériences furent toujours en faveur du sucrage". En 1930, de nouveaux essais furent entrepris sur des moûts de ‘Chenin blanc’, dans deux caves, l’une à EPIRE (coteaux de la Loire) et l’autre à BONNEZEAUX (coteaux du Layon). Après constitution de lots, celui remonté par addition de sucre se révéla le mieux apprécié par le jury de dégustation, quelques mois après la mise en bouteille.
C- 1959-1969 – direction Pierre Rémy puis Jacques Huet
C1 : Programmes et faits marquants concernant les travaux en arboriculture
En 1959, l’arrivée de Pierre Rémy, chargé de recherches et directeur de la station, en remplacement de Léon Simon parti en retraite en 1958, va impulser des recrutements et une organisation des recherches, conformément aux vœux du groupe de travail ‘Production fruitière’.
Note à propos des réunions du groupe de travail INRA ‘Production fruitière’ à l’origine de l’organisation des recherches en arboriculture fruitière, 1957-1961. 1957 – Séance d’étude tenue le 18 novembre 1957 à Angers Belle-Beille à propos de la création d’une station dédiée au pommier - extraits Cette réunion revêt une grande importance car elle détermine l’avenir de la station d’Angers. Les membres présents sont :
Pour la station centrale de Versailles : M. Mayer, directeur central, M. Fleckinger, directeur de recherches.
Pour la station de Bordeaux : M. Souty, directeur de recherches, M. Bernhard, maître de recherches, M. Rémy, chargé de recherches.
Pour la station de Clermont-Ferrand, M. Bidabé, assistant.
Pour la station d’Angers, M. Simon, directeur de recherches, M. Brossier, assistant, M. Thibault, ingénieur.
En ouvrant la séance, M. Mayer interroge les participants quant au bien-fondé de l’établissement d’une station d’étude du pommier sur le plan national à Angers ; de l’avis général, aucun empêchement majeur ne se présente. Au cours de la discussion, M. Simon fait ressortir la bonne position géographique d’Angers se trouvant dans une région médiane et au carrefour de régions de production. En dehors d’Angers, des stations relais seraient conservées à Bordeaux et à Clermont-Ferrand pour l’étude des variétés locales ou de variétés s’adaptant à certains climats particuliers.
En plus de ces stations relais, des vergers relais devraient être créés, en particulier dans l’Oise ou du côté de Laon (M. Fleckinger), dans les vallées alpines et en Provence (M. Souty). M. Mayer souligne que la personne chargée de la direction de la station de recherches sur les arbres fruitiers à pépins aura également pour tâche de coordonner, en accord avec ses collègues, les travaux faits sur ces espèces dans les autres stations.
Quel sera le programme de recherches pour la future station ? Les travaux doivent s’étendre aux variétés, aux porte-greffe et aux techniques culturales. Finalement, les missions de la station d’Angers porteront sur l’amélioration des espèces à pépins (pommier et poirier) sur le plan national.
1959 – réunion du groupe de travail « Production fruitière » à Angers Belle-Beille les 8 et 9 septembre 1959 - extraits Les membres présents sont :
M. Mayer : directeur de la Station Centrale d’Amélioration des Plantes
M. Souty : responsable du groupe - Bordeaux
Mlle Sanfourche, MM. Bernhard, Chennevière, Huet: Bordeaux
Mlle Salvat, M. Fleckinger: Versailles
MM. Brossier, Decourtye, Rémy, Thibault: Angers
M. Bidabé: Clermont-Ferrand
M. Solignat: Brive
M. Mainie: INA Paris
Suite aux présentations des travaux conduits à Bordeaux, Angers, Versailles et Brive, P. Rémy propose d’entreprendre à Angers l’étude des groseilliers et cassissiers, en commençant par le rassemblement d’une collection variétale ; P. Rémy propose aussi d’établir unecollection de framboisiers d’ici 3 ans, et d’avoir ainsi à Angers une étude groupée sur les « petits fruits » ; la proposition est acceptée. J. Souty informe le groupe qu’il a commencé à rassembler à Bordeaux une collection de noisetier ; Bordeaux sera donc la station d’étude du noisetier.
M.Mayer recommande à J. Fleckinger de publier la monographie des variétés de pommes à cidre (n.d.r. cette monographie fut publiée par J.-M. Boré en 1997 !). Une commission est créée sous la responsabilité de P. Rémy pour établir une fiche-type destinée à décrire les variétés fruitières. Il est rappelé que la description des variétés de pommier ne pouvait se faire qu’à Bordeaux où les arbres étaient suffisamment développés alors qu’à Angers, en 1959, les arbres étaient trop jeunes pour une telle description.
1961- réunion du groupe de travail « Production fruitière » à Bordeaux Pont de la Maye – domaine de la Grande Ferrade, les 4 et 5 décembre 1961 - extraits Les membres présents sont :
M. Mayer : directeur de la Station Centrale d’Amélioration des Plantes
M. Souty : Bordeaux ; responsable du groupe
Mlle Sanfourche, MM. Bernhard, Chennevière, Huet, Mesnier, Thomas, Sarger, Duquesne, Grasselly, Marénaud, Saunier, Planton, Van Borren, Gall, Dubreuil, Valet, Bonnet, Chapa: Bordeaux
MM. Fleckinger, Rauzy: Versailles
MM. Brossier, Decourtye, Rémy, Thibault, Bidabé: Angers
M. Arnaud: Clermont-Ferrand
M. Solignat, Venot: Brive
M. Hugard: E.N.A. Montpellier
Invités: M. Morvan: Station Centrale de Pathologie Végétale; M. Thivend : Ctifl.
Cette réunion faisait suite à la réunion organisée à Angers en 1959. Le premier point de l’ordre du jour portait sur les problèmes posés par l’expérimentation fruitière et la formation d’agents dédiés à ce type d’expérimentation dans les différentes régions de production fruitière. M. Souty a présenté l’organisation du réseau à partir de la station de Bordeaux, une organisation repensée avec l’implication d’un plus grand nombre de techniciens ainsi que des chefs de domaines d’expérimentation de la station.
M. Thivend, ancien collaborateur de M. Souty, devenu chef du service « Amélioration de la Production » au Ctifl, a présenté cet organisme financé par une taxe prélevée au stade du grossiste sur la vente des fruits et des légumes. Il comprenait à cette époque, un service économique « Etude des Marchés » et le service « Amélioration de la Production » dont le programme était établi en étroite collaboration avec l’INRA et approuvé par M. l’Inspecteur Général J. Bustarret. Ce dernier service était un maillon entre l’INRA et les professionnels ; il avait pour rôle principal d’assurer la première multiplication et la distribution d’un matériel végétal sélectionné pour son authenticité et son bon état sanitaire. Le Ctifl avait acquis en 1958 le domaine de Lanxade sur la commune de Prigonrieux (Dordogne) d’une superficie de 50 ha et dédié à la multiplication des plants super-élites et producteurs de greffons de variétés fruitières. En 1961, le domaine de Balandran dans le Sud-Est près de Nîmes n’avait pas encore était acquis. L’indexage était pratiqué par le Ctifl pour la détection des virus et la conservation des clones sains, l’INRA poursuivant ses études pour la mise au point des méthodes d’indexage. Le Ctifl allait prendre en charge en 1962, la multiplication et la distribution de greffons, jusque-là assurée par la station de La Grande Ferrade ; un protocole INRA-Ctifl devait être mis au point : le Ctifl appliquant les règles de multiplication arrêtées par l’INRA. La liste des variétés retenues pour la multiplication sous contrôle INRA concernaient alors les espèces pêcher, prunier, abricotier, cerisier, amandier ainsi que les portegreffe des arbres à noyau. Pour les arbres fruitiers à pépins, les travaux étaient moins avancés, le Ctifl multipliant seulement 3 clones de pommier des variétés ‘Golden Delicious’, ‘Richared’ et ‘Blackstayman’, clones sélectionnés en 1958 par La Grande Ferrade. La station d’Angers procédait au contrôle sanitaire d’une quinzaine de variétés de pommier, d’une dizaine de variétés de poirier, de 2 à 5 clones de porte-greffe cognassier et de porte-greffe pommier issus des travaux de la station anglaise d’East Malling – tout ceci avec le concours de M. Morvan.
Remarque : L’élaboration du « Catalogue des espèces fruitières » a été décidée suite au décret du 22 janvier 1960 instituant un catalogue des espèces et variétés de plantes cultivées; en 1961, M. Souty était Président de la Section Arbres Fruitiers du Comité Technique Permanent de la Sélection (CTPS).
Luc Decourtye, assistant, est nommé à Angers en 1959 après sa période de formation à la station centrale de Versailles ; il est chargé de l’amélioration génétique des variétés de pommier et de poirier. Bertrand Bidabé, assistant à la station d’amélioration des plantes de Clermont-Ferrand depuis 1946, est aussi nommé à Angers en 1959 sur le programme de sélection des variétés de pommier introduites en collection et sur la physiologie de la dormance des bourgeons. D’autres recrutements seront effectués en 1959 celui de Jean-Claude Michelesi sur les porte- greffe, et les années suivantes : en 1960, Anne-Marie Bichon a été recrutée pour la fonction de secrétaire et régisseur de la station, ainsi qu’Henri Quillivéré qui assure les fonctions de chef de culture pour les domaines de Belle-Beille et de Bois l’Abbé. Entre 1960 et 1964, plusieurs recrutements dont ceux de Bernard Lantin (amélioration du pommier et des petits fruits), Jacques Lemoine (étude des viroses), Marcel Le Lezec (sélection des variétés de pommier), Christian Brian (porte-greffe et substances de croissance) vont contribuer à accroitre considérablement l’effectif des scientifiques porté à cinq et celui des ingénieurs porté à trois - voir Note sur l’extension des activités de 1955 à 1964. Ce début des années 1960 est aussi marqué par le départ de Pierre Rémy pour convenance personnelle et l’arrivée de Jacques Huet qui prend la direction de la station en novembre 1962.
Note sur l’extension des activités de la Station INRA d’Angers de 1955 à 1964
Premières plantations d’essai sur le domaine de Bois l’Abbé en 1956.
Fin de la première tranche de constructions en 1959.
Engagement d’une seconde tranche de travaux en 1964.
Surface totale disponible en novembre 1966 : environ 50 hectares
Extension des programmes d’Amélioration et de recherche
Extension des contacts auprès de la profession
Mise en place d’un réseau d’essais extérieurs
Outre l’étude des variétés de poirier et pommier déjà présentes en vergers de collection, les premiers travaux sur petits fruits sont initiés par l’établissement de collections en 1959/1960 pour le cassissier et le groseillier à grappes, en 1965/1966 pour le framboisier. La création variétale débute en 1959 pour le pommier et le poirier. Pierre Rémy en prenant ses fonctions de directeur a introduit en 1959 de jeunes plants hybrides de pommier en provenance de la station INRA de Bordeaux, dont l’un d’entre sera sélectionné à Angers puis nommé en 1977 : la variété Chantecler Belchard®. Le programme de résistance à la tavelure puis à l’oïdium marque une rupture thématique importante suite aux missions aux USA de P. Rémy en1961 et L. Decourtye en1963. En poirier, à l’étude d’hybrides hérités des travaux réalisés à l’ENSA de Rennes (P. Chollet), s’ajoute un programme très ambitieux pour la création de variétés de maturité tardive et de longue conservation, programme initié en 1962 selon un plan semi-diallèle de 12 géniteurs ayant généré 64 descendances. Luc Decourtye débute à cette époque des travaux en mutagénèse sur pommier et poirier, travaux portant sur la méthodologie de sélection des mutations induites par mutagènes chimique et physique (rayons gamma), tout en visant la sélection de mutants d’intérêt agronomique. Il étudie aussi la génétique de certains caractères à hérédité simple sur pommier et poirier.
Septembre 1965 : pesée de ‘Passe Crassane’ dans un essai porte-greffe chez Mr Cayrac en Tarn et Garonne -Jacques Huet, directeur, à droite
Publications - à comité de lecture :
Rémy P., Decourtye L., 1962. Etat d’avancement des recherches sur l’amélioration du pommier pour la résistance à la tavelure. Ann. Amélior. Plantes, 12(3), 219-244 Rémy P., 1962. Principes et méthodes de l’amélioration des arbres fruitiers à pépins. Ann. Amélior. Plantes, 12(4), 311-323 Decourtye L., 1963. Actions des radiations ionisantes sur une chimère de pommier. Ann. Amélior. Plantes, 13(2), 133- 140. Brossier J., 1965. La sélection de porte-greffes du poirier dans les populations naturelles de cognassier I- Etude des populations naturelles de cognassier. Ann. Amélior. Plantes, 15(3), 263-326 Brossier J., 1965. La sélection de porte-greffes du poirier dans les populations naturelles de cognassier II- Sélection de cognassiers porte-greffes du poirier. Ann. Amélior. Plantes, 15(4), 373-404 Lantin B., 1966. Etude des variétés de cassis. Ann.Amélior. Plantes, 16(4), 311-325. Decourtye L., Brian C., 1967. Détermination des besoins en froid des pépins de pomacées - interprétation des courbes de germination. Ann. Amélior. Plantes, 17(4), 375- 391. Bidabé B., 1967. Action de la température sur l’évolution des bourgeons de pommier et comparaison de méthodes de contrôle de l’époque de floraison. Annales de Physiologie végétale, 9(1), 65-86 Decourtye L., 1967. Etudes de quelques caractères à contrôle génétique simple chez le pommier (Malus sp.) et le poirier (Pyrus communis). Ann. Amélior. Plantes, 17(3), 243-266 Decourtye L., Lantin B., 1969 Contribution à la connaissance des mutants spurs de pommier ; hérédité du caractère. Ann. Amélior. Plantes, 19(3), 227 – 238.
Faits marquants relatés dans une note de J. Huet concernant les travaux en arboriculture fruitière:
1- Travaux ayant donné lieu à des résultats qui ont contribué au progrès technique dans la production des fruits à pépins 1963 – après plusieurs années d’expérimentation en collaboration avec des producteurs et des organismes professionnels, la station d’arboriculture fruitière est à même de proposer une technique d’éclaircissage des jeunes fruits sur la variété de pommier ‘Golden Delicious’, qui sous réserve de certaines modalités d’application, conduit dans le Val de Loire au maximum d’efficience avec le minimum de risques. 1965 – la station d’arboriculture fruitière propose aux établissements de pépinière une sélection de Cognassier de Provence, porte-greffe du poirier, le Cognassier C 29. Sa multiplication et sa diffusion sont assurées par le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes (CTIFL). Cette sélection, par son comportement en pépinière et en verger, se montre supérieure aux types actuellement commercialisés par les établissements de pépinière. Note : cette sélection sera dénommée en 1967, BA 29 – BA signifiant Bois l’Abbé 1965 – une technique de multiplication végétative par bouturage herbacé sous brouillard artificiel a été définitivement mise au point pour la variété de poirier ‘Williams’. En effet, dans certaines conditions de milieu la possibilité de cultiver cette variété sur ses propres racines n’est pas à écarter. 2- Travaux de recherche dont les résultats ont apporté une contribution à l’amélioration des méthodes de sélection des arbres fruitiers à pépins et à une meilleure compréhension de certains aspects de la physiologie de ces espèces fruitières. Rassemblement de collections très importantes :
Poirier : 1737 clones soit 1000 variétés distinctes
Pommier : 2424 clones soit 922 variétés distinctes
À la suite des travaux de P. Dommergues, mise au point de la technique d’amélioration des pommiers et poiriers par mutagenèse – irradiation des bourgeons à bois aux rayons gamma ; analyse des variétés en chimère, création de mutants à partir de variétés homogènes dans leurs différents couches histogénétiques. Estimation de l’action des températures sur la levée de dormance des bourgeons et l’évolution ultérieure des boutons floraux du pommier. La loi d’action linéaire, couramment admise, est avantageusement remplacée par une loi d’action exponentielle. Celle-ci rend mieux compte de l’action des températures qui contrôlent l’évolution du bouton floral, de l’entrée en dormance à la floraison.
C2- Programmes et faits marquants concernant les travaux en œnologie.
Départ de L. SIMON en 1958 ; A. PUISSANT anime la section œnologie-viticulture et le laboratoire d’analyses. 1- Amélioration de la qualité de la production viticole de la région (année 1959 et suivantes). Pour atteindre cet objectif, d’importantes études analytiques relatives à la composition des moûts des principaux cépages cultivés ont été entreprises : Chenin blanc, Grolleau, Cabernet franc, Muscadet ; vinifications séparées ou associées, analyses des produits obtenus, dégustations, ont permis de déterminer les « coupages » dignes d’intérêt.
1.1 -Étude des différents cépages :
Contribution à décrire et mettre en valeur des cépages dits secondaires, mais essentiels en Val de Loire : le Cabernet franc, le Pineau d’Aunis, le Gamay noir à jus blanc et le Grolleau.
Analyse des moûts sur les cépages Chenin blanc, Grolleau, Cabernet franc, Muscadet, Chardonnay, Sauvignon ; les prélèvements effectués durant tout l’été permettaient de suivre l’évolution de la maturation des raisins.
Essais de vinification par coupages de moûts ou de vins de Chenin avec des moûts ou des vins de Sauvignon, Chardonnay, Verdehlo.
1.2- Étude de la maturation :
Afin d’étendre les travaux à d’autres cépages et d’autres régions que l’Anjou, des prélèvements de raisins appartenant à 11 cépages ont été effectués sur 58 parcelles de vignoble avec analyse de sucres et acidité totale.
1.3- Étude de la conservation des vins :
Test de l’utilisation d’acide sorbique pour la conservation des vins doux
Test de l’utilisation d’acide ascorbique pour la conservation des vins blancs secs.
2- Travaux sur vins blancs, rouges et rosés Activité très intense du fait de l’excellente qualité des vins de 1959 – Les travaux ont porté sur la matière colorante étudiée par chromatographie. Aucun des vinifera examinés ne contient de malvine (Cabernet franc, Cabernet, Sauvignon, Gamay, Teinturier du Cher, Pinot gris, Pinot d’Aunis, Merlot, Pinot noir, Alicante Bouschet, Grolleau). Recherche de l’amélioration de la coloration des rosés par adjonction de moûts de types vinifera teinturiers, notamment Gamay et Teinturier du Cher, en remplacement des hybrides utilisés jusqu’à maintenant. Mise au point d’une méthode rapide permettant de mesurer le potentiel anthocyanique des cépages rouges par l’étude de la matière colorante, méthode d’analyse appelée Méthode Puissant-Léon, reconnue méthode officielle par l’OIVV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin) - Huguette Léon et A. Puissant.
Publication : Puissant, A., & Léon, H. (1967). La matière colorante des grains de raisin de certains cépages cultivés en Anjou en 1965. Annales de Technologie Agricole, 16(3), 217–225.
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13 mois
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13 mois
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